Le cycle d’Aleister
3 – Seth

A Athènes, par l’intermédiaire de Mariannick
15/10/2014

Je suis ici et je vous attends. Vous faites tout ce que vous pouvez pour rester en surface, vous tournez autour du pot, vous parlez… comme nous l’avons déjà dit, vous parlez beaucoup. Entrez donc au cœur car c’est là que nous nous rencontrons, là où nous pouvons poursuivre notre travail. Ne me parlez pas de sévérité : vous êtes ici pour entrer dans le vif du sujet, tous. C’est cela que vous avez créé : un cadre dans lequel je peux intervenir afin que ce travail se fasse, ne vous plaignez donc pas. Au contraire, soyez fiers de ce cadre que vous avez créé. Et sur ces paroles, commençons.

La semaine dernière, je vous ai parlé des deux bases nécessaires afin d’édifier l’homme nouveau. Nous avons parlé de l’amour de soi… à ce propos, alors qu’avant de commencer cette canalisation vous avez longuement parlé entre vous, personne n’a pensé à partager avec les autres les gains qu’il a pu tiré de la pratique qu’il vous a été demandé de faire (le « merci » au corps), personne. Centrez-vous donc, c’est nécessaire !

Aujourd’hui, comme je vous le disais la dernière fois, nous allons parler de Seth (si vous n’avez pas pris connaissance de la précédente canalisation, c’est le moment de le faire car celle-ci en est la suite !). Seth au niveau symbolique c’est celui qui apporte la perturbation, qui met à bas le cadre et la routine dans lequel l’autre est entré et s’est installé. Ce qui le pousse à agir, à abattre cette routine, n’est pas la haine mais dans ce cas précis le désir de donner à l’autre –qui est un autre aspect de lui-même -  la possibilité de se reconstruire et de renaître. Seth détruit, renverse, et cela demande du courage. Quand vous le faites à travers vos mains (dans la danse), c’est toute votre main qui s’inscrit profondément dans le corps de l’autre afin qu’il puisse percevoir la déstructuration. De même, quand ce travail se fait sur des plans plus subtils, il est nécessaire que vous interveniez profondément et que vous ne restiez pas à la surface. Ne faites pas ce travail mollement car s’il en était ainsi rien ne pourrait s’accomplir.  


- 1er Seth : Aleister –

Je vais vous donner un exemple… ou plutôt deux, car qu’en pensez-vous, ne suis-je pas un bon exemple de Seth ? Je suis un très bon exemple de Seth ! J’arrive et je mets vos bases et vos croyances sans dessus-dessous. Combien d’entre vous étiez pleins de préjugés envers Aleister Crowley, forts de tout ce que vous aviez pu lire sur le net ou dans des livres, voire entendu d’amis attentionnés ? Vous vous étiez forgé une opinion exécrable, vous aviez même pris peur… la crainte et même la peur s’étaient logées dans vos cœurs à la simple écoute de mon nom car je viens mettre à bas et vous ne le supportez pas (le ‘vous’ est pris ici dans un sens global) ! Vous voulez garder votre routine alors vous me rejetez et vous fabriquez une image de moi rejetante. J’assure. J’ai assuré. J’ai même si bien assuré que j’ai souhaité continuer mon œuvre en aidant des groupes comme le vôtre à entrer à leur tour dans ce rôle.

Je ne vous dis pas pour autant d’accepter toutes les incidences de ce rôle car c’est un rôle que j’ai joué à un moment où ce que j’apportais était révolutionnaire. Vous, vous arrivez à un moment où ceux qui désirent réellement effectuer un travail de fond sur eux-mêmes sont beaucoup plus nombreux qu’alors. Le cadre n’est donc pas aussi sombre et les incidences loin d’être aussi tragiques. Ce qui m’a aidé à les supporter, c’était l’amour. Je m’aimais car je savais qui j’étais. Je sais qui je suis, je l’ai toujours su. C’est ce qui me permettait de tenir et de maintenir ma volonté. Je savais le pourquoi de ma venue et je voulais l’accomplir quel qu’en soit le coût dans l’incarnation d’alors. Je savais qu’ensuite d’autres possibilités s’ouvriraient. Je ne savais pas lesquelles mais je savais que les choses pourraient avancer sur d’autres bases.

Et pourtant, même maintenant ce ne sont pas des félicitations que je reçois. Je ne reçois pas non plus l’amour que peut recevoir celui qui vient consoler tous ceux que j’ai aidé dans leur restructuration. Entre vous et moi l’amour est naissant et va faire son chemin, mais ce n’est pas la raison de ma venue. Je viens AVEC cette base et c’est très différent : je ne vous demande rien, je n’attends rien de vous si ce n’est que vous entriez dans ce que vous êtes venus faire ici. Mon rôle est de prendre place dans votre dos et de vous pousser. Quelqu’un d’autre se tiendra devant pour vous prendre dans ses bras. Ma satisfaction est de faire ce que j’ai à faire.

Cela semble dur mais j’œuvre avec l’amour et pour l’amour. Dans ce cadre, je connais ma grandeur et l’importance de ce que j’accomplis. Je sais aussi à quel point il est important que vous puissiez vous aussi accomplir cette tâche là où vous vous trouvez, au degré auquel vous souhaitez et vous pouvez le faire. Je répète que je m’adresse essentiellement aux thérapeutes.

Pourquoi vous dire tout cela ? Pour insister sur le fait que l’amour est la base de chacun de mes gestes et que s’il n’en était pas ainsi je ne serais pas là. S’il n’en était pas ainsi je n’aurais pas pu faire tout ce que j’ai fait, je ne serais pas passé à travers la haine de certains la tête haute, je n’aurais pas pu supporter toute cette énergie qui m’était renvoyée. L’énergie arrive et passe grâce à l’amour que je porte en moi : il est ma base. Comme je vous l’ai dit, c’est un amour si fort, si solide, qu’il regarde tout ce qui arrive vers lui comme s’il se tenait au sommet d’une montagne. Le sommet regarde les ruisseaux qui coulent à sa base et sait pertinemment que leur flux ne peut pas l’atteindre. C’est tout juste s’ils lui procurent une sensation de fraîcheur, un petit air froid qui se dissipe par la suite, tant est grande l’immuabilité de la montagne.

Le premier exemple est donc le mien : c’est un exemple extrême qui vous montre à quel point l’amour est important lorsque vous entrez dans l’acceptation du rôle de Seth.


- 2ème Seth : Judas –

Le second exemple est totalement différent bien qu’il y ait des similitudes. C’est un très bel exemple, celui de Judas que vous connaissez tous. Vous savez ce qu’il a fait, ou du moins ce que l’Eglise vous en propose. Judas est celui qui a ‘donné’ le Christ. Il est aussi celui qui a permis à ce qui devait arriver de se produire. Il a ainsi permis la rédemption de la terre et de l’humanité. C’est celui qui avait un contrat avec Jésus : « oui, je vais t’aider à accomplir ce pour quoi tu viens. Je serai là pour être celui qui jouera le rôle du méchant et qui te donnera ainsi la possibilité d’accomplir ce que tu as à faire. J’accepte. »

Comme l’amour devait être grand pour qu’un tel contrat soit passé ! Comme l’énergie qui a accepté de s’incarner sous les traits de Judas devait être grande ! Elle a accepté la haine qui a suivi, le manque de compréhension, le rejet, et ce pendant des siècles. Cette énergie devait être bien grande pour pouvoir gérer les énergies qu’elle a reçues de partout par la suite. La difficulté c’est que lorsqu’elle s’est incarnée le voile était très dense et elle a oublié. Elle a bien fait ce qu’elle avait à faire mais lorsque Judas, sur le chemin qui conduisait à la colline du Golgotha, a vu les trois croix, il a compris sa faute. Il a compris qu’il était celui qui avait détruit l’espoir d’un peuple. Il a compris qu’il avait détruit l’espoir de lumière. C’est cela que Judas a compris dans sa petitesse d’alors : il était le petit être de cette grande énergie et ne pouvait comprendre qu’au niveau où il se trouvait. L’amour de soi n’était pas solide. L’amour de soi était même si faible que le petit être n’a pas supporté. L’amour de soi était faible et la conscience quasi inexistante. S’il y avait eu un peu plus d’amour il aurait compris son rôle et l’aurait accepté. Si la conscience avait été plus importante il serait peut être entré dans la tristesse mais la culpabilité n’aurait pas pu s’installer.  

Il se serait alors approché de la croix, aurait appuyé son front sur les pieds du Christ, il aurait demandé pardon pour la souffrance générée mais pas pour le processus car si la conscience avait été plus grande il aurait su que ce processus était indispensable pour que le reste puisse s’accomplir. Il aurait même pu ressentir une certaine fierté d’avoir rempli la part qui lui incombait. Mais l’amour était faible et la conscience absente, alors Judas n’a pas osé monter vers la colline et demander pardon. Il n’a pas osé s’avancer de peur aussi de la réaction des autres, de peur de trouver la mort à son tour de leurs mains. Prisonnier de cette peur, il a préféré se tuer lui-même…

Il a été jusqu’à cet instant un Seth parfait dans ce sens qu’il a totalement rempli son contrat qui était l’un des plus difficiles ayant jamais existé. Il n’a cependant pas été le Seth que nous souhaitons renforcer dans vos cœurs car les temps ont changé. Les énergies ont changé et un Seth sans amour et sans conscience n’est pas un Seth pour l’époque actuelle. Ce n’est pas un Seth pour vous. Il n’est plus nécessaire, et c’est la raison de ces deux exemples, que vous enduriez ce que j’ai du endurer, que vous ayez à payer de votre personne, tout comme il n’est plus nécessaire pour que vous remplissiez les contrats que vous avez passés avec ceux que vous rencontrez dans cette vie, de laisser la part belle à la culpabilité et au suicide ! Cela va de soi. Quel sens cela aurait-il si à chaque fois que vous faites un tel cadeau vous deviez crouler sous le poids de la culpabilité ? Si tel était le but, ce serait un but complètement fou !

Seth se base sur l’amour que vous avez construit la semaine dernière : l’amour de soi. Seth se bâtit dans l’énergie du « merci » ; c’est ainsi que grandit en lui la sensation de la possibilité d’agir : c’est lorsque la conscience de sa grandeur est suffisante qu’il peut agir.


- La montagne –

Nous vous avons apporté l’image de la montagne : Seth est montagne. Il est stable. Il sait profondément qui il est et ce pour quoi il est là. Ce n’est pas parce que quelqu’un va le pousser qu’il va pour autant tomber ou changer de position, non ! Je vous demande instamment de vous interroger quand je vous parle car je ne m’adresse pas à n’importe qui, c’est à vous que je m’adresse ! En disant que la montagne peut supporter une poussée, le moins que vous puissiez faire est de vous demander : « et moi, je le supporte ? Je laisse les autres me bousculer ou bien je reste stable sur mes bases ? » Je vous en prie, je ne suis pas ici juste pour parler, juste que pour que d’autres mots soient prononcés, il y en a déjà eu tant ! Je suis là pour que vous vous demandiez qui vous êtes, ce que vous faites, comment vous le faites, ce que vous voulez faire et de quelle manière vous pensez y arriver. Compte tenu de cela, quand une question est posée, vous êtes priés d’y répondre en toute sincérité sans noyer le poisson. Ici, demandez-vous : « qui ai-je laissé me pousser d’un côté ou de l’autre ? Où et quand ai-je perdu ma base ? » Si vous ne pouvez pas prendre conscience du moment où vous avez perdu votre base, comment voulez-vous la renforcer ? C’est impossible ! Vos bases se renforceront à partir du moment où vous prendrez conscience de l’endroit où elles prennent l’eau, de cet endroit qui manque de stabilité et par lequel vous permettez à l’autre de s’introduire dans votre champ en y imposant ses critères. Depuis quand les critères des autres vous paraissent-ils meilleurs que les vôtres ? Répondez !

Tant que vous laisserez les critères des autres s’infiltrer dans votre base, vous aurez une base qui ressemblera à du gruyère… et vous comprenez aisément que cette base pleine de trous n’est pas un modèle de solidité ! Si vous souhaitez bâtir l’homme nouveau en vous, il est nécessaire que vos deux bases soient bien solides, et que celle qui représente la montagne ne comporte pas de trous. La montagne peut prendre en compte les énergies de ceux qui se promènent sur ses pentes, elle peut s’enrichir de certaines de leurs pensées, les transformer et les métaboliser afin de les faire siennes. Elle va les incorporer et elles vont devenir partie intégrante d’elle. Cette énergie sera devenue l’énergie de la montagne, elle ne sera plus alors celle des passants, c’est très différent.

Notre souhait aujourd’hui est de vous emmener dans les profondeurs de cette montagne… pour que vous sentiez cette énergie. C’est aussi pour cela que le débit de notre parole est un peu plus lent : pour vous aider à accéder à la profondeur au sein de la montagne. L’énergie de la montagne ne virevolte pas, elle n’est pas rapide : c’est à la fois l’énergie de la Terre profonde et forte, et l’énergie masculine de création, une énergie qui impose sa présence. La montagne ne peut pas se cacher, ça n’est pas possible, on parle d’une montagne et pas d’une colline ! Elle se tient là dans toute sa puissance, toute sa présence. La montagne est là et vous, vous êtes à l’intérieur !

Ce que vous ressentez c’est la stabilité, la présence et un certain type de fierté. La montagne se sait montagne. Elle sait qu’elle n’est pas colline. Elle est montagne et elle se voit de loin ! Elle est montagne et à ce titre influe sur tout le paysage alentours. Elle exerce son influence sur tout et sur tous, même sans rien faire, juste en étant ce qu’elle est, verticale ! Sans faire beaucoup –elle est, simplement- tout change autour d’elle, jusqu’aux nuages qui changent de qualité lorsqu’ils s’approchent d’elle.
 
C’est ainsi qu’est Seth : il est. Il est stable et ses pieds sont bien ancrés en terre alors que son sommet touche le ciel. Il sait ce qu’il a à faire et il le fait car intérieurement il est en lien avec le ciel. Il ressent de l’intérieur tout ce qui se passe à l’extérieur. A son sommet la neige est présente et elle s’infiltre jusque dans ses grottes. Il perçoit toutes les qualités de cette neige, du soleil, il perçoit les arbres qui grandissent sur ses pentes et les humains qui marchent autour et sur lui. Sa conscience est aiguisée et sa liaison au ciel comme à la terre pleinement consciente. C’est ainsi que le Seth d'aujourd'hui fonctionne et accomplit sa tâche.


- Le Seth d'aujourd'hui –

Vous comprenez avec ces deux exemples et l’image de la montagne que Seth ne peut pas être un tiède. Il n’est pas de ceux qui se bercent d’illusions. Il s’interroge sans cesse sur la nature de ce qui vient à lui de façon à pouvoir reconnaître la qualité de la neige, de l’arbre, de l’humain, l’élaborer et la faire sienne. C’est ainsi que le métabolisme s’opère et c’est un processus grandiose car voyez-vous Seth vient pour les autres tout en continuant sans cesse à travailler pour lui-même. Il ne cesse jamais de métaboliser les énergies qu’il perçoit. C’est un autre aspect de Seth. Le Christ n’était pas seul lorsqu’il a métabolisé toute cette énergie sur Terre : il s’appuyait sur les énergies de Seth et de Judas –le grand Judas, l’énergie qui a engendré Judas- afin de pouvoir accomplir son œuvre. Cette base était présente. Il y a beaucoup à dire sur ce sujet et nous y reviendrons ultérieurement…

Ce que je veux que vous compreniez à présent c’est que vous ne pouvez pas jouer le rôle de Seth actuellement pour autrui si vous ne le jouez pas d’abord pour vous-mêmes. Il y a ici un jeu de miroirs. Je vous ai donné un exemple qui date de 2000 ans et un autre d’une centaine d’années. Nous en avons tous tiré des leçons : si le travail vers l’extérieur ne s’accompagne pas d’un travail vers l’intérieur, nos bases ne sont pas assez solides pour que nous puissions le supporter. Seth est double, il est à double face. Vous ne pouvez pas jouer ce rôle pour l’autre si vous ne l’avez pas tout d’abord joué pour vous car ainsi vous apprenez à quel point c’est douloureux et votre compassion grandit. C’est ainsi que vous pouvez jouer totalement le rôle de Seth : à partir du moment où il s’accompagne de tout l’amour et de toute la compassion que vous avez fait grandir au cœur.

C’est ainsi que vous êtes en sécurité. Cela peut vous paraître dur : « qu’est-ce que tu nous raconte Aleister, il faudrait d’abord que je souffre pour être à même d’aider l’autre dans sa restructuration ? » Oui, oui, et c’est cela votre sécurité. La sécurité c’est cette souffrance que vous ressentez car la douleur génère l’amour, aussi bizarre que cela puisse paraître, lorsqu’elle est vécue en conscience. Après l’avoir perçue de l’intérieur, vous saurez, lorsque le moment viendra de la générer chez l’autre, ce qu’il ressent, jusqu’où elle peut aller, à quel point la déstructuration peut être profonde. C’est alors que vous aimerez l’autre sans limites, sans aucune limite, de même que vous vous êtes aimés lorsque vous avez abattu les derniers murs qui demeuraient dans votre cœur.

Ce que l’autre traverse, vous l’avez déjà traversé. Il n’y a plus de barrières entre vous car le vécu est là qui vous unit et permet à l’amour de circuler. A partir du moment où l’amour circule, il n’y a plus de place pour la culpabilité. Je vous le dis, vous êtes en sécurité. Comprenez-vous bien le processus ? A partir du moment où il y a cette double face, il n’y a plus de porte d’entrée pour la culpabilité et le processus s’accomplit pour le bien de tous, le vôtre et celui de l’autre, sans parler de celui de la Terre car quiconque s’allège à la surface de la Terre apporte cet allègement à la Terre elle-même et l’aide ainsi dans sa libération.

Nous avons beaucoup dit aujourd’hui. Retenez cette semaine la force de la montagne en vous, sa stabilité. Laissez mûrir au cœur le besoin de la double face de Seth, le besoin du travail personnel pour jouer ce rôle auprès de l’autre, et à quel point cela constitue pour vous une sécurité.

Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour la suite de notre travail.

Et il en est ainsi.